Supplément internet de la revue Le Cardiologue >Juin 2014
Rédacteur en chef : Dr E. Perchicot
N° 372
DPC : le sévère état des lieux de l'IGAS
Nomenclature : affichages obligatoires dans la salle d'attente
Cahier FMC : les cardiomyopathies hypertrophiques
Modification des tarifs au 01/07
Le Cardiologue n° 372
Flash
219 834

C’est le nombre de médecins actifs recensés en France au 1er janvier 2014. Parmi eux, on compte 6 796 cardiologues, dont 23,2 % de femmes. Sur la totalité des cardiologues, 3 249 exercent exclusivement en libéral.

Le plan triennal « combatif » des cliniques
Par Catherine Sanfourche

Dans un contexte où elle s’estime « l’objet d’agressions multiples », l’hospitalisation privée réunie au sein de la FHP (Fédération de l’Hospitalisation Privée) a concocté un plan d’action pour les trois années à venir (2014-2017) musclé mais aussi « prospectif et proactif », selon les termes de Christian Le Dorze, président de la commission stratégie de la FHP. Ce plan triennal comporte cinq objectifs prioritaires pour les cliniques : s’ouvrir à leur environnement et faire entendre leur voix ; défendre et promouvoir la profession ; encourager la différenciation des établissements dans leurs activités, leurs services, à l’égard de leurs personnels, de leurs patients et de leur entourage ; être prospectif et proactif pur s’adapter aux défis en matière d’innovation médicale, d’organisation et de ressources humaines ; valoriser, partager et promouvoir les initiatives innovantes du secteur. L’hospitalisation privée va ainsi renforcer sa présence dans les médias, les réseaux sociaux, auprès des parlementaires et développer des espaces de réflexion sociétaux et éthiques en son sein. Afin d’améliorer son image auprès du public, la FHF a d’ores et déjà mis en place une fondation des usagers.

Par ailleurs, constatant que les coopérations public/privé qu’elle a soutenues ont connu un coup de frein « brutal » depuis deux ans durant lesquels la tutelle a préféré favoriser des partenariats entre des hôpitaux publics distants plutôt qu’avec la clinique de la même ville, la FHP entend favoriser les coopérations privé/privé encore peu fréquentes. « On va faire des communautés hospitalières de territoire privées, annonce Christian Le Dorze, et l’on verra bien ce qui va se produire sur l’organisation des soins. »

Le Leem rompt le dialogue avec le Gouvernement
Par Catherine Sanfourche

Participer lourdement à la maîtrise des dépenses d’Assurance Maladie, l’industrie pharmaceutique en a l’habitude : ces trois dernières années, c’est un « effort » pesant environ un milliard d’euros par an qui lui a été imposé. Mais les 3,5 milliards d’euros d’économies sur trois ans que le Gouvernement a programmé pour ce secteur dans le cadre du plan de réduction des dépenses publiques a été la (grosse) goutte d’eau qui a fait déborder le vase et provoqué la colère des industriels réunis au sein du Leem (Les entreprises du médicament). En signe de radicale protestation, son conseil d’administration a décidé à l’unanimité de suspendre sa participation aux travaux du Conseil Stratégique des Industries de Santé (CSIS) et du Comité Stratégique de Filière des industries de santé (CSF), ce qui revient à suspendre tout partenariat avec le gouvernement. En outre, le Leem émet « les plus vives réserves » quant à l’issue des négociations sur le pacte de responsabilité pour la branche de l’industrie pharmaceutique (baisses de charges en contrepartie de créations d’emplois).

Commentant cette décision, le président du Leem, Patrick Errard, a répété les critiques qu’il avait formulées dès l’annonce du plan d’économie sur le médicament : « Les mesures actuellement envisagées sont en contradiction totale avec les ambitions stratégiques poursuivies par le Président de la République et par le Gouvernement. Elles compromettent les possibilités de partenariat de long terme entre notre industrie et la puissance publique ».

Le Leem demande au Gouvernement d’engager un dialogue « permettant le retour à un niveau de contribution juste et proportionné du médicament au rétablissement des comptes de l’Assurance Maladie ». Rappelons que la part du médicament dans les dépenses d’Assurance Maladie s’élève à 15 %.

L’ONDAM 2014 sera respecté

C’est le pronostic du comité d’alerte sur les dépenses d’Assurance Maladie. La marge bénéficiaire devrait atteindre plusieurs centaines de millions d’euros. En 2013 déjà, 800 millions d’euros avaient été économisés par rapport à l’OMDAM voté. Cela sera bien sûr à revoir si la loi de financement rectificative en préparation modifie à la baisse, ce qui est probable, l’ONDAM 2014.

Mauvais comptes pour les hôpitaux

Après une embellie en 2012, les hôpitaux publics sont à nouveau dans le rouge. En raison de charges de personnel qui ont augmenté plus vite que leurs recettes les établissements de santé publique affichent un déficit de 70 millions d’euros en 2013. Parallèlement, l’énorme dette des hôpitaux, 29 milliards d’euros fin décembre, continue à augmenter représentant 39,3 % des revenus contre 39,1 % fin 2012.

Ville/hôpital : le jugement sévère du public

Un sondage Ipsos réalisé par Internet sur un échantillon représentatif de 1 002 personnes de plus de 18 ans pour la Fédération Hospitalière de France montre que 97 % sont favorables au renforcement de la coopération entre l’hôpital et les maisons de retraite. Plus des trois quarts (77 %) jugent mauvaise la communication entre médecins de ville et médecins hospitaliers. Une grande majorité (83 %) est favorable à l’obligation pour les structures et médecins bénéficiant de financements publics de participer aux soins les jours fériés, nuits et week-ends. Enfin, pour 68 % des sondés (76 % en Île-de-France), les cliniques sélectionnent leurs patients.

Rififi à l’AP-HP

Le directeur général de l’institution Martin Hirsch, ancien haut-commissaire aux solidarités actives de Nicolas Sarkozy, et Loïc Capron, président de la CME sont en désaccord sur les conditions d’accueil d’un émir du golfe dans un des établissements du groupe. Le premier y voit une opportunité financière, le second estime que « cela va à l’encontre de sa conception du service public hospitalier ».

Pr Alain Carpentier
Le Pr Jean-Luc Dubois-Randé

PU-PH en cardiologie à l’université Paris Est à Créteil depuis 1994, chef de service de cardiologie au CHU Henri Mondor de Créteil depuis 2000 et élu en 2010 doyen de la faculté de médecine de Créteil, Jean-Luc Dubois-Randé (57 ans) a été nommé conseiller santé au cabinet de Geneviève Fioraso, secrétaire d’Etat chargée de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il est également vice-président de la conférence des doyens de France.

Ministère de la Santé
Pascal Brière

Le président du Gemme (Générique même médicament) a provoqué l’ire des médecins en proposant l’instauration de pénalités financières pour les praticiens dont les prescriptions de génériques seraient par trop inférieures aux objectifs fixés. En lui décernant un « carton rouge », la CSMF rappelle que « la prescription des médecins demeure libre et indépendante », que « les génériqueurs n’ont aucune consigne ni pression à exercer sur les médecins » et que d’ailleurs, la loi relative au renforcement de la sécurité sanitaire de 2011 «  le leur interdit ».

Michel Sapin
Michel Sapin

Le ministre des Finances a déclaré sur France 2 :

« 1 milliard d'euros d'économies sur la santé seraient constatées pour 2014 (sur les 179,1 milliard d'euros de l'ONDAM), il y a une diminution des dépenses de l'Assurance Maladie sans aucune conséquence négative pour les malades, sans déremboursement, sans diminution des remboursements, sans diminution de la qualité des soins ».  Ces diminutions seront probablement inscrites  dans le budget rectificatif de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale qui sera présenté le 18 juin  en Conseil des ministres.

Frédéric Valletoux
Frédéric Valletoux

Président de la Fédération Hospitalière de France

 « Notre système de santé ne peut plus se permettre de reposer sur un secteur libéral non régulé où l’on s’installe où l’on veut et où l’on choisit ou non de participer à la permanence des soins… Peut-on continuer à délivrer des autorisations à des cliniques qui sélectionnent leurs patients ou se concentrent sur des niches d’activités ultra rentables ? »

Monique Weber
Marisol Touraine

Ministre des Affaires sociales, dans son discours d’ouverture d’Hôpital Expo 2014.

« Excellence médicale et excellence sociale : cet alliage unique au monde  fait la force et l’identité de notre hôpital. Un hôpital qui soigne tout le monde, à toute heure, sans exception, sans conditions de revenus. L’hôpital c’est ce qui fait barrage aujourd’hui à l’émergence d’une médecine à deux vitesses. C’est un formidable creuset au service de la promesse républicaine d’égalité. »